lundi 15 octobre 2007

och'erme

À quoi ça sert... je vous jure!
Suis brusquement fort emmerdé de brader ici un peu de mon intelligence. (Sans prétendre, au demeurant, hisser celle-ci à un niveau particulier; mais tout de même...) C'est que je viens de relire mon précédent message. C'est pas élégant... Que fait la police. Trop de loisirs, trop peu de guerres dans nos pays! L'art s'en ressent, d'ailleurs. L'art est un excellent indice de l'affaissement moral d'une civilisation. Dans nos pays, on traficote avec des concepts, parce que nul n'a plus besoin du beau et du bon (kallos kagathos), du fort et du signifiant, pour sauver son âme. Une bonne guerre, Madame! Yambi est un formidable coup de pied dans nos culs bouffis. L'art vrai est fabriqué dans un certain degré d'urgence.

Voilà voilà. Que je dis; mais que je ne suis pas certain de penser: pas assez documenté.

"Och'erme": du bruxellois. Littéralement 'Oh (mon/ma) pauvre' (du flamand "arm", 'pauvre', avec relâchement articulatoire de l'initiale tonique, courant dans cet idiome). Ma grand-mère maternelle, Germaine, fille de rien, élevée environ seule à la force de son âme (la JOC aidant!), privée de scolarité à 12 ans - banal, en ces temps anciens -, lectrice dévoratrice (et pas que du Padre Pio), promue à 14 ans secrétaire particulière du patron de Citroën à Bruxelles, détentrice de l'orthographe la plus sûre qu'il m'ait été donné de constater, grande femme brune aux grands yeux noirs, mysandre pavide qui épousa à 33 ans le premier homme qu'elle osa regarder (son cousin germain, petit monsieur à talonnettes, fraîchement veuf, détenteur d'un commerce florissant de machines à coudre industrielles, grosse clientèle allemande; union accordée par le Saint-Père sur la foi des intentions pures des deux intéressés), puis mère anxieuse d'une enfant unique qui devint la mienne - d'autres chapitres! - ma grand-mère... donc. Ma grand-mère maternelle parlait couramment le bruxellois; bien entendu; et tâchait, tout en s'en nourrissant, de n'y accorder que dédain, au profit de la langue française qu'elle apprit si seule à manier si bien. Quelle bonne, bonne, savoureuse musique que la langue bruxelloise! La musique du peuple. La plus belle.

dimanche 14 octobre 2007

mathilde m'est revenue (pussy is back!)


Des papillons au coeur! Pussy Galore, la plus cuistre des bloggeuses bruxelloises, a rouvert depuis quelque temps les colonnes nauséabondes de son journal pas intime... J'ai bon, comme on ne dit pas. J'aime bien lire ses histoires (fake). "Pussy au Belga". "Pussy au Maroc". "Pussy sort en boîte". "Pussy écoute un disque". "Pussy aimerait bien que quelqu'un l'aime". "Pussy n'a pas d'enfant". "Pussy écoute un autre disque". "Pussy n'aura pas d'enfant parce que c'est trop tard".

Elle écrit pas mal, PussyPussy; elle est méchante avec les laids et les cons; elle fabule bravement des aventures aussi glamour qu'improbables, qui l'intronisent Sulfureuse Sorcière de la Nuit, et lui valent l'allégeance d'une courette de garçonnets moins éduqués qu'elle. Dans la foulée, elle a le mérite de s'attirer avec vaillance l'opprobre de quelques (j'en suis) pourfendeurs de ce bougeoisisme dont la petitesse d'esprit n'a d'égale que l'efficacité de l'emphase, lesquels bien-penseurs (j'en suis toujours) finissent invariablement le nez dans son caca (à elle); parce qu'à jouer au plus goujat, on ne gagne pas, contre ma Pussy.

Longue vie à toi, Pussy Galore from Bruxelles. C'est l'ensemble de l'humanité qui est responsable de la place qui t'est accordée en son sein. Et c'est une sacrée leçon pour l'humanité.
(Ben tiens, voilà qu'à mon tour je donne dans l'emphase... Que du plaisir!)

lundi 8 octobre 2007

presque trente...



pauvre martin
pauvre misère
creuse la terre
creuse le temps

J'ai pas fêté l'anniversaire de ma naissance; ou peu. Vingt-neuf ans, et certaines parcelles de mon visage s'épuisent doucement. Sous mes iris gris-bleu que le hasard a pommelés d'or, ma paupière inférieure, sillonnée d'infimes ravines, est cernée d'une ombre pâle. L'usure du corps! Je suis svelte, morphologiquement chanceux, le bras ferme, le ventre déterminé, la jambe modelée - mais les premières marques du vieillissement: je les abhorre. Le passage des ans parviendra-t-il à me décevoir de moi-même? Merde.

"Marquise, si mon visage
A quelques traits un peu vieux
Souvenez-vous qu'à mon âge
Vous ne vaudrez guère mieux
Le temps aux plus belles choses
Se plaît à faire un affront
Il saura fâner vos roses
Comme il a ridé mon front
Le même cours des planètes
Règle nos jours et nos nuits
On m'a vu ce que vous êtes
Vous serez ce que je suis
- Peut-être que je serai vieille,
Répond Marquise, cependant
J'ai vingt-six ans, mon vieux Corneille,
Et je t'emmerde en attendant!"

photo anthropy

vendredi 5 octobre 2007

qui je suis vraiment... Este+


Salut à TOUS! En fait, j'aimerais me présenter à fond, vous exposer un peu qu'est-ce que j'aime dans la vie, genre qu'est-ce que je kiffe à fond, les trucs qui m'éclatent trop fort. Pour qu'on fasse davantage connaissance en fait!!! Vous pouvez réagir à mort, j'attends trop fort vos postes!
Alors voilà je me jette à l'eau, je vous dis complètement tout sur tous mes goûts dans la vie.
  • Je suis super trop dingue de Gwen Stéphanie, cette nana a tellement de SuperClasse. J'écoute à mort. J'écoute aussi à mort Mika, ce mec c'est simplement le roi!!! J'écoute à mort aussi DJ Furax. Trop puissant.
  • J'adore aussi trop trop trop fort sortir au Milléniomme à Liège; les mecs sont tellements cute!!! Les gars je vous kisse à mort.
  • J'adoooore lire! Chuis over fan de lecture. Je lis tout, je m'éclate en lisant, je lis tellement de livres! Les copains sont super impressionnés, tellement que je lis des livres! J'adore trop lire. J'adore chialer en lisant. Mais qu'est-ce que j'ai pleuré, my God, en lisant le Da Vinchi Code!!! Ce livre il est trop émouvant!!! Pour l'instant j'ai vu que le film, mais j'ai déjà acheté le livre. Sûr d'office que je vais chialer en le lisant, moi ça me touche à mort des grandes histoires comme ça, je suis OverSensible.
  • Les séries américaines à la mode je suis carrément anti-anti-anti contre!!! Je suis super contre la violence GRATUITE, on comprend même plus rien à toutes ces séries découpées en épisodes tellement c'est NUL. Je suis pas trop pour les Américains en général, ils sont assez cons, je pense personnellement.
  • Je saute un peu le coq à l'âne mais Faf Larage aussi ça me fait pleurer; question musique, I mean en fait. Ce mec est 1 GENIUS.
  • En résumé, je respecte trop fort: mon Faf, mon Furax (over tout!!! les Kings), ma Gwen, tous les mecs que je kiffe trop à Liège, et puis tous les Auteurs de Livres. Totale sérénade pour vous tous, les gars, totale génuflexion!!! Je vous aime trop.
Voilà!!! J'attends trop fort vos réactions! Dites-moi qu'est-ce que vous kiffez!
Love love love à tous!

(Wow... C'est vendredi aprèm... Me suis un peu laissé déborder par un improbable Moi profond... C'est spécial, comme expérience, parole...)

jeudi 4 octobre 2007

délice paloma !


Nadir Moknèche l'Algérien fabrique son 3e long métrage. À Alger, "Madame Aldjéria vous arrange ça"...: elle est la patronne d'une agence douteuse, qui résout certain type d'affaires privées en n'hésitant pas à flirter avec le proxénétisme. Autour d'elle: un fils (d'une beauté luciférienne), une collaboratrice ramassée sur le trottoir, un jeune avocat aussi véreux qu'homosexuel, une vieille soeur muette. Au creux d'elle: un rêve... Le genre de rêve qui vous élève au-dessus de toutes les fanges interlopes... Une nouvelle vie aux anciens thermes de Caracala... Pour le mener à bien, ce rêve-là, il faut conclure une dernière affaire sordide. La clé, ce sera la jolie serveuse Rachida, capable de damner plusieurs saints par ses déhanchés cliquetants de verroterie... Rachida va bientôt s'appeler Paloma; et la chute menace.

C'est bien, c'est bon, c'est amer, c'est superbe, c'est déchiré, c'est l'Algérie en mal de grandeur d'âme; ce sont des portraits de femmes terribles, dignes d'Almodovar - mais c'est tellement supérieur à Almodovar! Plus élégant. Biyouna, qui incarne Madame Aldjéria, est une somptueuse Anna Magnani mâtinée de Dani.

Délice Paloma sera peut-être le film de l'année 2007; je dis...

mercredi 3 octobre 2007

lundi 1 octobre 2007

les corneilles et boris vian


Puisque Boris Vian a décrété ceci
"Tout a été dit cent fois. Et beaucoup mieux que par moi. Aussi, si je fais des vers, c'est que ça m'amuse. C'est que ça m'amuse: et je vous chie au nez!"
... eh bien j'ai le droit. Voilà voilà; on a tous le droit - mais: que se taisent les imbéciles, que s'étranglent les méchants, que crèvent les corneilles.
(Au parc Jacques Brel, il y avait, voici plus de vingt ans, des chapelets de canetons qui éclosaient sur l'eau sombre au début de chaque printemps, et ma soeur et moi dénombrions avec application tous les membres de la communauté canarde: cinquante, certaine année plus de septante individus col-vert, et nous examinions le destin de chaque fratrie duveteuse, jusqu'à ce qu'il ne soit plus possible de distinguer les jeunes adultes de leurs aïeux. Ensuite, il s'est produit un étrange bouleversement, dont les causes (selon quelque mystérieux ordonnancement cosmologique) m'ont toujours échappé: j'en étais le spectateur à la fois fasciné et consterné. En quelques printemps, les canards ont progressivement déserté le parc Jacques Brel. Les naissances se réduisaient. Bientôt, il demeura deux familles; on voyait, beaucoup plus haut que les frondaisons noires du hêtre, filer bien loin des V cancanants. Enfin il n'y eut plus de canards à demeure; de temps à autre, un couple, la brune et le moiré, viennent rompre bruyamment la surface des étangs verdie par les lentilles; ils repartent bientôt. Mais il y a ce fait certain: tout au long de la diaspora, la population des corneilles a crû dans le parc; sans cesse leurs atroces croassements s'amplifiaient parmi les branches; malgré nos gesticulations et menaces enfantines, elles se gavaient du pain dur que nous émiettions consciencieusement pour les canards. Ma mère disait que, à n'en pas douter, les grasses corneilles engloutissaient les minuscules canetons. Je les haïssais avec ferveur. Je n'aime pas du tout les corneilles; zéro sympathie pour les corneilles.)

Je m'en fous: aujourd'hui je dis ce que je veux. Boris Vian, c'est mon papa.