À quoi ça sert... je vous jure!
Suis brusquement fort emmerdé de brader ici un peu de mon intelligence. (Sans prétendre, au demeurant, hisser celle-ci à un niveau particulier; mais tout de même...) C'est que je viens de relire mon précédent message. C'est pas élégant... Que fait la police. Trop de loisirs, trop peu de guerres dans nos pays! L'art s'en ressent, d'ailleurs. L'art est un excellent indice de l'affaissement moral d'une civilisation. Dans nos pays, on traficote avec des concepts, parce que nul n'a plus besoin du beau et du bon (kallos kagathos), du fort et du signifiant, pour sauver son âme. Une bonne guerre, Madame! Yambi est un formidable coup de pied dans nos culs bouffis. L'art vrai est fabriqué dans un certain degré d'urgence.
Voilà voilà. Que je dis; mais que je ne suis pas certain de penser: pas assez documenté.
"Och'erme": du bruxellois. Littéralement 'Oh (mon/ma) pauvre' (du flamand "arm", 'pauvre', avec relâchement articulatoire de l'initiale tonique, courant dans cet idiome). Ma grand-mère maternelle, Germaine, fille de rien, élevée environ seule à la force de son âme (la JOC aidant!), privée de scolarité à 12 ans - banal, en ces temps anciens -, lectrice dévoratrice (et pas que du Padre Pio), promue à 14 ans secrétaire particulière du patron de Citroën à Bruxelles, détentrice de l'orthographe la plus sûre qu'il m'ait été donné de constater, grande femme brune aux grands yeux noirs, mysandre pavide qui épousa à 33 ans le premier homme qu'elle osa regarder (son cousin germain, petit monsieur à talonnettes, fraîchement veuf, détenteur d'un commerce florissant de machines à coudre industrielles, grosse clientèle allemande; union accordée par le Saint-Père sur la foi des intentions pures des deux intéressés), puis mère anxieuse d'une enfant unique qui devint la mienne - d'autres chapitres! - ma grand-mère... donc. Ma grand-mère maternelle parlait couramment le bruxellois; bien entendu; et tâchait, tout en s'en nourrissant, de n'y accorder que dédain, au profit de la langue française qu'elle apprit si seule à manier si bien. Quelle bonne, bonne, savoureuse musique que la langue bruxelloise! La musique du peuple. La plus belle.
lundi 15 octobre 2007
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