lundi 8 octobre 2007

presque trente...



pauvre martin
pauvre misère
creuse la terre
creuse le temps

J'ai pas fêté l'anniversaire de ma naissance; ou peu. Vingt-neuf ans, et certaines parcelles de mon visage s'épuisent doucement. Sous mes iris gris-bleu que le hasard a pommelés d'or, ma paupière inférieure, sillonnée d'infimes ravines, est cernée d'une ombre pâle. L'usure du corps! Je suis svelte, morphologiquement chanceux, le bras ferme, le ventre déterminé, la jambe modelée - mais les premières marques du vieillissement: je les abhorre. Le passage des ans parviendra-t-il à me décevoir de moi-même? Merde.

"Marquise, si mon visage
A quelques traits un peu vieux
Souvenez-vous qu'à mon âge
Vous ne vaudrez guère mieux
Le temps aux plus belles choses
Se plaît à faire un affront
Il saura fâner vos roses
Comme il a ridé mon front
Le même cours des planètes
Règle nos jours et nos nuits
On m'a vu ce que vous êtes
Vous serez ce que je suis
- Peut-être que je serai vieille,
Répond Marquise, cependant
J'ai vingt-six ans, mon vieux Corneille,
Et je t'emmerde en attendant!"

photo anthropy

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